article publié le 2 décembre 2025
À l’ère du numérique, l’intelligence artificielle (IA) et la cybersécurité s’imposent comme des enjeux incontournables pour les individus, les entreprises et les États. Daniel Ratier met en lumière les opportunités offertes par ces technologies tout en soulignant les risques inédits qu’elles génèrent.
La cybersécurité est devenue un enjeu majeur, à la fois national et international. En 2024, plus de 420 000 victimes ont sollicité la plateforme cybermalveillance.gouv.fr, un record qui illustre l‘essor des cyberattaques dans la vie quotidienne des Français. Le coût économique est colossal : les cyberattaques représentent près de 129 milliards de dollars en France, affectant tous les secteurs de l’économie.
Pour les entreprises, la menace est particulièrement inquiétante. Les ransomwares, par exemple, peuvent paralyser des organisations entières pendant des semaines, voire des mois. Les conséquences ne se limitent pas à une interruption de service : elles impliquent souvent le vol ou la destruction de données sensibles, une rupture brutale d’activité, et une perte de confiance des clients. L’image de l’entreprise peut également être durablement affectée, parfois de manière irréversible.
Les petites et moyennes entreprises sont particulièrement vulnérables. Faiblement équipées en cybersécurité et insuffisamment formées, elles deviennent des cibles privilégiées. Près de 30 % des PME victimes de ransomware déposent le bilan dans l’année suivant l’attaque, incapables de surmonter les coûts financiers.
Enfin, les menaces ne viennent plus seulement de cybercriminels isolés. Plusieurs puissances étatiques, comme la Chine, la Russie ou la Corée du Nord, utilisent le cyberespace comme un outil stratégique. Leurs équipes spécialisées disposent de moyens considérables et mènent des offensives numériques sophistiquées, rendant la protection des entreprises et des institutions encore plus complexe.
Les cyberattaques ne concernent pas uniquement les entreprises : elles touchent aussi directement les citoyens. Les arnaques numériques, les campagnes de manipulation sont de plus en plus fréquents et crédibles. Cette multiplication des attaques crée un sentiment d’insécurité et une forme de paranoïa technologique, alimentée par la crainte constante d’être volé ou manipulé en ligne.
Pour limiter les risques, des gestes simples peuvent avoir un impact important, comme la séparation stricte des mots de passe personnels et professionnels. Ces mesures de base constituent les premières étapes d’une hygiène numérique solide.
L’intelligence artificielle s’impose comme la nouvelle révolution industrielle et technologique. Les États-Unis et la Chine dominent ce secteur grâce à leurs géants technologiques, leurs capacités d’investissement et leur puissance de calcul. L’Europe, en revanche, tente de combler son retard via l’IA Act et plusieurs programmes d’investissement, mais reste freinée par un manque de souveraineté numérique et une stratégie fragmentée.
L’IA attire des investissements massifs, parfois jugés excessifs, au point de faire craindre l’apparition d’une bulle spéculative. Les modèles d’IA deviennent toujours plus coûteux à concevoir, entraîner et déployer.
Elle bouleverse également le marché du travail : certaines professions disparaissent ou se transforment, comme le marketing, le conseil ou la production de contenus. De nouveaux métiers émergent, spécialisés dans l’éthique, l’audit ou l’entraînement des modèles d’IA. Cette polarisation des compétences peut accentuer les inégalités numériques si elle n’est pas accompagnée de formations adaptées.
Le développement de l’IA soulève des questions cruciales : protection des données personnelles, responsabilité en cas d’erreur d’un modèle, transparence et vérifiabilité des algorithmes. Daniel Ratier plaide pour un cadre commun, un « RGPD de l’IA », afin de garantir un développement responsable, sécurisé et respectueux des droits fondamentaux.
Il n’y aura pas de retour en arrière : les technologies numériques, l’intelligence artificielle et la cybersécurité sont désormais au cœur de nos vies, de nos économies et de notre sécurité collective. Pour naviguer dans ce monde en mutation rapide, il est essentiel de prendre quelques mesures clés : conserver des traces hors ligne pour garantir une résilience face aux pannes ou aux attaques, se former à la cybersécurité à tous les niveaux, et sécuriser les systèmes critiques, qu’ils soient publics ou privés.
L’avenir sera numérique, mais il peut être maîtrisé. En comprenant les risques, en investissant dans la défense et en construisant un cadre de confiance autour de l’IA, nous avons la possibilité de transformer ces défis en opportunités. Il s’agit de bâtir un futur où l’innovation technologique rime avec sécurité, responsabilité et progrès collectif.
Article écrit par Alix Piron